Graphomanie (secteur 3-14)

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mardi, septembre 15 2009

Etat d'âme / Transcription - Témoignage du Citoyen P. recueilli à son insu dans le cadre de l'enquête interne.

P., agriculteur de son état à G., marié et père de trois enfants, bonne réputation, casier judiciaire vierge:

"Oui... Je me souviens bien, c'était à la fin de la saison. Il y a eu cette réunion d'organisée à la salle des fêtes, personne ne savait trop par qui, mais on commence à avoir l'habitude, et puis généralement il y a aussi le maire qui vient, ça permet de parler de ses problèmes. Moi, j'ai un truc sur mon terrain (...)

Alors donc, ils étaient trois à être venus de la sous-préfecture, dans un minibus de citadins, ça avait même éclaté fort le gros G. parce qu'il savait très bien qu'ils allaient casser leurs essieux si ils voulaient aller à la pièce des Q-F, rapport au sujet de la réunion... Il trouvait que c'était bien l'administration ça.

Enfin bref, il y avait R. qu'on avait déjà vu quand ça chauffait à cause des pesticides, il y avait aussi un certain F., jamais entendu parler, et puis ce Chardon que vous me demandez dessus.

Ils avaient l'air assez froids envers lui, les deux autres, mais faut dire que ces fonctionnaires, c'est pas souvent la grande rigolade hein, les administration c'est pas trop ça question ambiance cordiale... Enfin, moi ce que j'en dis, j'en sais pas grand chose, dans ma famille on est agriculteur depuis au moins 1654... ils ont pas l'air très amicaux en général en tout cas.

Et donc, quand la réunion a commencé, ils étaient tous les trois à la grande table, sur l'estrade, et le Chardon il a commencé à vouloir parler des subventions, comme ça tout de go, que y allait en avoir de nouvelles, des bien dodues et des biens régulières, si seulement on se pliait tous un peu à dorénavant s'asseoir sur les contrats avec certaines entreprises. Et il s'est mis à en citer toute une série, des étrangères et des françaises, mais surtout des qui sont en lien avec l'INRA d'après ce que j'ai compris.

Enfin, nous ça nous mettait assez en joie, généralement quand les responsables d'administration parlent, c'est suivi de budgets, de projets de loi et le député entérine. Surtout que le nôtre, on le tient par la cravate, il a (...)

Pendant ce temps, les deux autres se regardaient de travers, et ils ont commencé à vouloir prendre la parole, recadrer la réunion sur ses fondamentaux comme ils disaient. Le truc, c'est que nous, ça nous a mis fort en agitation et joie ces petites annonces qu'on avait eu, ça allait faire des ronds pour le village, beaucoup de ronds. On croyait que c'était arrivé, on voulait des détails pour rêver un peu plus réel, alors on les a hués ce qu'il fallait, qu'ils se taisent un poil et que notre Chardon il rentre dans les finesses.

Cependant, au final mon colon, je vais te dire ce que je pense, rétrospectivement. Ce Chardon, malgré qu'il présentait bien et qu'il parlait très très documenté, c'était je crois rien qu'un satané anarchiste provocateur du PCF ou autre, enfin tu vois le genre. On n'a jamais vu aucune couleur de tout ce qu'il devait se passer, après, et même, ça reste entre nous, j'ai appris qu'il était en cours de révocation, qu'il y avait une procédure en cours. C'est tout ce que j'ai à dire."

samedi, juillet 25 2009

Etat d'âme / Compte-rendu de filottage 12-05-2002

Au soir du lundi 12 mai 2002, en la commune de Chassy sa résidence principale, le sieur Chardon, objet de la plus intense surveillance depuis environ une année, a pris son estafette de marque japonaise, sans préavis aucun, pour se rendre à vive allure chez son affidé mentionné précédemment, dans le département voisin.

Averti par son administration de tutelle qu'il fomentait quelque coup d'audace quant à notre législation financière, nous avons pris l'initiative de mobiliser une unité de la section d'écoute à travers les murs (l'U04 de la SETM), afin que de pouvoir aviser qui de droit-qui vous savez en cas d'accélération de l'histoire incongrue.

Le dit affidé (dossier 51-453), connu pour ses penchants alcoolémique au niveau de la gendarmerie locale, se trouvait ce soir-là dans un état d'ébriété avancé, et il eut donc lieu alors, contre toute nos attentes, la plus banale des conversations entre fonctionnaires.

Je cite:

51-45: "Non mais tu te rends compte seulement, les pères chartreux là, ils font de l'alcool à 55 degrés, et même à 71 degrés, avec pignon sur rue, alors que même le pastis 51 de Charles Pasqua, qui nous rend bien des services à l'heure du mois de Juillet, même celui là il a dû se restreindre à 45 degrés suite à nos lois. Non vraiment, faut que tu me goûtes ça, ça ne rend pas fou je t'assure, c'est presque un médicament même et pis c'est fait par des moines alors..."

Chardon:" Paul, Paul, tu vas quand même pas me faire avaler de la pisse à tondu du bulbe, du jus de petit gris silencieux? il y a un moment il faut respecter un peu mes convictions quand même, je suis pas venu te voir pour que tu me fasses l'article des petits produits de ton terroir. Allez sors nous ton boulon de derrière les fagots qu'on en finisse, j'ai pas la nuit moi..."

S'en sont suivis rires nerveux et longs silences.

Conclusion: Notre initiative d'écoute à travers murs s'étant à nouveau soldé par un assez cuisant échec, le chef de la SETM recommence de nous refuser ses unités, non pas ouvertement mais en retardant exagérément leur affectation à notre usage par le moyen désormals classique de faire passer nos demandes par tous les échelons de son bureau. Nous demandons en conséquence que soient réitérées et réactualisées les divers notes blanches l'enjoignant à moins d'insolence.

Dans l'attente de votre activité réparatrice, nous vous adressons etc etc...

mardi, juillet 14 2009

Etat d'âme / Avis non-conforme du Premier Conseiller

Mes chers compatriotes,

Mon petit directeur, ma directrice chérie,

Ce n'est pas en ma qualité de haut-diplômé de droit public, ou de prochain candidat à la magistrature inférieure, que je m'adresse à vos éminences, ce jour, mais bien plutôt en strict représentant de l'organisme dont j'assume la direction et dont la mission respectée consiste, je vous le rappelle, à veiller scrupuleusement au bon ordonnancement budgétaire et constitutionnel de nos administrations.

Les autorités compétentes nous réclament, depuis les évènements, de prendre une position claire et distincte quant à la légalité de l'initiative du sieur Chardon, agent du bureau n°7 de l'énergie, responsable de la distribution. Et même, devant cette commission je me dois de ne pas le cacher, étant donné les derniers arrêtés de la commission d'éthique, et même on nous demande de statuer inconditionnellement, l'action serait nouvelle, sur, je cite l'accusation, le "bien-fondé des motivations de l'agent susmentionné".

De toute évidence, du point de vue du corps auquel j'appartiens et que je chapeaute, tout cela relève de la mascarade la plus hypocrite et la plus anticonstitutionnelle; aucun des subordonnés de notre bienveillant Etat n'étant astreint à devoir faire preuve, devant ses instances évaluationnelles, de la moindre "motivation". Toutefois, il me faut, en tant que fonctionnaire formé à la joute, rendre ici un avis éclairé, et alors je vous informerai de ceci:

1° On ne peut pas, en aucun cas, décider d'une quelconque action qui aurait lieu dans le cadre de nos institutions sans avoir auparavant budgetter cette action.

Partant de là, l'agent Chardon est fautif. Cependant,

2°Le budget est soumis à une clause dite de "légitimité", qui déclare tout acte administratif amenant la mobilisation du corps social, qui les déclare de droit "légitime".

Je connais, ô combien je connais, les méandres et les abîmes de ce concept de légitimité, de son utilisation, cependant il me tient à cœur de souligner en ces lieux de majesté, et l'ordre de ces considérations dans notre code législatif, et leurs mentions respectives tout de même, l'une comme l'autre. L'état de notre droit m'interdit donc dès lors d'émettre un avis éclairé.

Ainsi, estimés collègues, je me vois dans l'obligation expresse d'opposer une ferme et définitive fin de non recevoir.à votre requête.

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